Patrimoine suisse décerne le Prix Wakker 2021 à la commune de Prangins (VD).

Située entre Lausanne et Genève, au milieu de la région métropolitaine de l’arc lémanique, cette localité est soumise à une forte pression d'urbanisation. Elle y fait face par des interventions ciblées dans l'entretien et la mise en valeur des qualités architecturales et paysagères existantes. Patrimoine suisse entend distinguer cette politique qui crée une plus-value pour tous.

L’Arc lémanique connaît une importante croissance économique depuis des décennies. Cet essor ne va pas sans laisser des traces dans les paysages et les localités; il entraîne aussi la disparition des meilleures terres. Dans l’intervalle, la Confédération et les cantons ont pris des mesures contre le mitage du territoire et souhaitent concentrer la construction dans les villes et leurs agglomérations proches.

Voisine de la ville de Nyon, chef-lieu prospère et dynamique du district, la commune de Prangins est aussi soumise à des prescriptions de croissance claires. Partie intégrante du périmètre compact d’agglomération «Grand-Genève», sa population résidente devrait augmenter de quelques 30% à l’horizon 2030/2040.

Depuis une quinzaine d’années, la commune défend la position selon laquelle une urbanisation réussie ne consiste pas à remplir des objectifs chiffrés. Il s’agit bien davantage d’évaluer attentivement les qualités du lieu et d’élaborer des stratégies ciblées.

L’Inventaire fédéral des sites construits (ISOS) recense Prangins parmi les objets d’importance nationale. Le château de style classique français – qui abrite aujourd’hui le siège romand du Musée national suisse – mais aussi le centre de la localité avec ses parcs et ses espaces libres sont considérés comme dignes de protection.

Prangins a décidé de fonder son développement sur ces valeurs apparues au fil de l’histoire, de les renforcer et de les faire évoluer. Son objectif est de concilier croissance démographique et qualité élevée de l’habitat. A cet effet, la commune mène une politique d’investissement active. Patrimoine suisse distingue cette approche remarquable en décernant le Prix Wakker 2021 à la commune de Prangins.

Trois arguments en faveur de l’attribution du Prix Wakker 2021 à la commune de Prangins:

1. Construire dans le respect des valeurs architecturales et paysagères tout en les renforçant dans le même temps

La politique de l’aménagement du territoire dans la commune de Prangins se fonde sur le respect des espaces libres et des bâtiments apparus au fil du temps. Par une stratégie de développement claire, elle encourage les interventions urbanistiques qui permettent une croissance modérée vers l’intérieur. Cette action précise préserve et renforce les valeurs architecturales. Elle crée aussi les bases nécessaires pour concilier une croissance démographique de 30% dans les 10 à 20 prochaines années avec une qualité élevée de l’habitat. Afin de préserver la valeur du site, du paysage culturel et des parcs, Prangins renonce à rendre constructibles des surfaces cultivées. La commune est parvenue ainsi à ménager des vues, comme celle entre le château et le lac, à créer des zones de détente comme le vallon des Fossés et à préserver de précieuses terres arables pour l’agriculture.

2. L’animation du centre historique renforce l’identité et la cohésion sociale

La commune renforce l’identité des lieux par le traitement attentif et la mise en évidence des qualités spatiales existantes. Des offres variées et des investissements dans les espaces publics animent le cœur du village et renforcent sa fonction dans la vie de la localité. La maison de commune – qui était l’ancienne ferme du château – réunit sous un toit l’administration communale, le poste de police, une épicerie, un tea-room et un jardin d’enfants. En face, l’ancien four abrite désormais une boulangerie. L’Auberge communale entièrement rénovée propose à nouveau une offre de restauration et d’hébergement de qualité au centre du village. Une nouvelle place a aussi été aménagée. En bordure de cette place de la Broderie, se trouve un groupe de bâtiments classés, qui abritent 16 appartements gérés par une coopérative d’habitation. Le réaménagement de la place du village finalisera prochainement cette politique de revitalisation du centre.

3. Volonté politique, continuité et expertise concourent à la qualité

Des stratégies et positions claires permettent à la commune de mener un développement adapté au site et de qualité. Par cette démarche largement soutenue, les prescriptions de croissance imposées de l’extérieur peuvent être appréhendées de manière proactive. Des experts extérieurs issus tant des domaines pratiques que théoriques apportent leur soutien et aident à analyser et à préciser les mesures possibles. Grâce à l’organisation de concours d’architecture, Prangins investit dans un avenir de qualité. Une telle procédure a par exemple donné naissance à l’école et UAPE des Morettes.

 

Informations complémentaires

Myriam Perret, cheffe de projet Prix Wakker, Patrimoine suisse,
myriam.perret(at)heimatschutz.ch, tél. 076 466 32 94

Stefan Kunz, secrétaire général de Patrimoine suisse,
stefan.kunz(at)heimatschutz.ch, tél. 079 631 34 67

François Bryand, syndic de Prangins
fbryand(at)prangins.ch, tél. 079 357 17 55

Dominique-Ella Christin, municipale en charge de l’Urbanisme et l’Environnement, dechristin(at)prangins.ch, tél. 076 339 58 15


Communiqué de presse et photos en qualité impression: Dropbox

Photos supplémentaires disponibles auprès de l’agence Keystone (payant): visual.keystone-sda.ch

Lien vers la commune de Prangins: prangins.ch/wakker2021

 

Au sujet du Prix Wakker

Patrimoine suisse attribue chaque année le Prix Wakker à une commune politique ou exceptionnellement à des organismes ou des associations. Doté de 20'000 francs, le prix a un impact surtout symbolique; l’objectif est de mettre publiquement à l’honneur la qualité d’un travail exemplaire.  

Le Prix Wakker a été décerné pour la première fois en 1972 à la suite du legs fait à Patrimoine suisse par l’homme d’affaires genevois Henri-Louis Wakker. D’autres legs ont permis à Patrimoine suisse de décerner ce prix jusqu’à aujourd’hui. 

Le Prix Wakker distingue des communes qui peuvent se prévaloir d’un développement urbanistique de qualité. L’attention est surtout portée aux communes qui poursuivent leur développement selon des critères contemporains: en favorisant la qualité des espaces publics et architecturale des nouvelles constructions, en réservant un traitement respectueux à la substance bâtie historique et en se dotant d’un aménagement du territoire exemplaire sur le plan du développement durable. 

Commission

Il appartient à la conférence des président-e-s de Patrimoine suisse de désigner le lauréat du Prix Wakker sur proposition du comité. La commission du Prix Wakker fait à chaque fois une recommandation au comité.

Les membres de la commission du Prix Wakker

Dr Brigitte Moser, historienne de l’art (présidence), Zoug
Ludovica Molo, architecte ETH/FAS, Lugano
Pierre Feddersen, architecte ETH/SIA, Zurich
Christian Bischoff, architecte ETH, Genève
Stefan Koepfli, architecte paysagiste FSAP, Lucerne
Christof Tscharland-Brunner, urbaniste, ingénieur diplômé SIA SWB MAS, Soleure

Conditions

Le Prix Wakker de Patrimoine suisse distingue des communes qui peuvent se prévaloir d’un développement urbanistique de qualité et qui satisfont aux critères suivants:

Critères pour l'attribution du Prix Wakker

 

  1. Le développement qualitatif et la revalorisation du site, dans une optique contemporaine, sont manifestes.
  2. L’approche choisie est respectueuse de l’ancienne structure urbanisée d’une part, du milieu bâti existant d’autre part.
  3. La commune s’implique activement pour promouvoir une architecture de qualité supérieure à la moyenne (conseil, motivation) et donne le bon exemple lorsqu’elle réalise ses propres projets de construction (concours d’architecture).
  4. L’aménagement local répond aux normes actuelles et favorise un développement conforme aux conditions du prix.
  5. L’appréciation globale se fonde aussi sur les éléments suivants: développement de l’agglomération, qualité des espaces publics, planification des transports, qualité de l’habitat, protection du paysage et de l’environnement.
  6. Exceptionnellement, le prix Wakker peut être décerné à plusieurs communes ou parties d’une commune, à des organismes, des associations, des organisations et autres. Dans ce cas, le montant du prix reste de CHF 20'000 par année.

Aperçu

Patrimoine suisse décerne chaque année le Prix Wakker depuis 1972. Aperçu des lauréats, de Stein am Rhein (1972) à Langenthal (2019) en passant par Muttenz (1983), Monte Carasso (1993) ou Granges (2008).

Les Prix Wakker jusqu'à nos jours

2019: Langenthal

Patrimoine suisse décerne le Prix Wakker 2019 à la Ville de Langenthal. Après des années de crise économique, cette cité de la région bernoise de la Haute-Argovie connaît une nouvelle croissance dans la construction. Elle a su marier héritage industriel, planification soignée et ouverture au dialogue.

2018: Nova Fundaziun Origen à Riom

En cette Année du patrimoine culturel 2018, Patrimoine suisse décerne le Prix Wakker à la Nova Fundaziun Origen à Riom (GR). La Fondation et son festival culturel Origen ouvrent de nouvelles perspectives au patrimoine bâti et, par là même, à la population de tout un village. Grâce à Origen, l’héritage culturel local rayonne bien au-delà de la région.

2017: Sempach

Patrimoine suisse décerne le Prix Wakker 2017 à Sempach. Cette petite ville lucernoise est distinguée pour le développement soigné et contemporain de ces centres historiques d'importance nationale et l'établissement d'un large débat sur la construction et la planification dans la commune.

2016: Rheinfelden

Cette ville frontière au bord du Rhin montre clairement comment les milieux politiques et les autorités peuvent influencer la qualité de vie d’un lieu en s’engageant de manière concertée et sur le long terme – y compris par-delà les frontières nationales.

2015: Bregaglia

Cette vallée grisonne a su reconnaître les atouts que sont une architecture de qualité et un paysage intact. Des stratégies élaborées au niveau de la commune, une sensibilisation de la population et des expertises pour certains objets permettent, avec des moyens limités, de préserver l’identité des bâtiments et favorisent une architecture contemporaine de qualité.

2014: Aarau

Le chef-lieu du canton d’Argovie reçoit le Prix Wakker pour la mise en œuvre exemplaire d’une densification de qualité et au bon endroit – en préservant l’identité propre aux différents quartiers.

2013: Sion

Le chef-lieu valaisan reçoit cette distinction pour avoir amorcé avec succès sa mue urbaine et replacé le paysage au cœur de son développement territorial. A travers les aménagements exemplaires des espaces publics du centre-ville, c’est tout un processus de réflexion sur la manière de faire la ville qui s’est mis en place. Dans la foulée, Sion a initié un travail de reconnaissance du patrimoine architectural moderne, l’un des plus importants de Suisse.

2012: Köniz

La commune bernoise reçoit le Prix Wakker 2012 pour sa stratégie exemplaire en matière de développement urbain, ce qui fait d’elle une commune d'agglomération modèle. Une dissociation claire entre zones urbanisées et paysages naturels, une planification des transports sur le modèle de la cohabitation ainsi que la préservation de l'identité propre des diverses parties de la localité en sont les principales caractéristiques.

2011: Ouest lausannois

Pour sa quarantième édition, Patrimoine suisse attribue le Prix Wakker 2011 aux neuf communes de l’Ouest lausannois. Bussigny, Chavannes, Crissier, Ecublens, Prilly, Renens, St-Sulpice, Villars-Ste-Croix et Lausanne reçoivent cette distinction pour leur action commune de mise en valeur de leur territoire, d’organisation de leur développement et de création d’une identité cohérente.

2010: Fläsch

Le village de la Vallée du Rhin reçoit la distinction pour sa planification locale novatrice. Le remaniement parcellaire lui a permis de sauvegarder l’identité viticole de son centre. Par ailleurs, la Commune s’engage activement, par l’exemple et le conseil, pour une architecture contemporaine de qualité. De nouvelles constructions très réussies renforcent encore le caractère unique de Fläsch.

2009: Yverdon-les-Bains

Patrimoine suisse met Yverdon-les-Bains à l’honneur en lui décernant le Prix Wakker 2009. La Ville du bout du lac de Neuchâtel reçoit le Prix pour la manière dont elle gère son espace public, la collaboration exemplaire qu’elle entretient avec les communes avoisinantes et la volonté manifeste d’aménagement de ses autorités communales.

2008: Granges

Patrimoine suisse décerne le Prix Wakker 2008 à Granges (Grenchen). Cette ville soleuroise se voit mise à l’honneur pour ses nombreuses mesures de revalorisation diverses de l’espace public, pour le développement soigneux de la ville construite et pour le traitement respectueux réservé aux nombreux bâtiments d’après-guerre.

2007: Altdorf

Le chef-lieu du canton d'Uri reçoit le Prix Wakker 2007 en récompense de son développement du territoire clair et respectueux du paysage, et de l'étonnante multitude de nouveaux bâtiments et assainissements réussis. Sont notamment exemplaires l'agrandissement du complexe scolaire St. Karl, la rénovation de la maison Suvarov et l'assainissement des murs historiques de pierres sèches.

2006: Delémont

Patrimoine suisse rend hommage aux prestations de la Ville de Delémont par l'attribution du Prix Wakker 2006. La capitale jurassienne se voit récompensée pour sa stratégie d'aménagement claire et son développement urbain soigneux et de grande qualité. Delémont favorise une bonne architecture, moins par des règles rigides que par des incitations, des consultations et une aide au projet.

2005: CFF

A l’occasion de son centième anniversaire, Patrimoine suisse fait une entorse à la règle et n’attribue pas ce prix convoité à une commune politique mais à une autre institution des pouvoirs publics. Les CFF reçoivent le prix pour leur engagement exceptionnel en faveur de la culture architecturale. Ils assument un rôle important de modèle en favorisant systématiquement une bonne architecture et en réservant un traitement respectueux à leur patrimoine architectural.

2004: Biel (BE)

Ces dix dernières années, la ville de Bienne a réussi à revaloriser l'espace public et un patrimoine bâti unique hérité du XXème siècle mais longtemps négligé. Plusieurs places et zones piétonnes ont été créées, de nombreux édifices du siècle dernier ont été mis sous protection et rénovés. Grâce aux concours d’architecture, la qualité esthétique des nouvelles constructions s’est nettement améliorée. Les autorités municipales cherchent à orienter activement l’évolution urbanistique en acquérant certains terrains et en les cédant en droit de superficie.

2003: Sursee

La commune de Sursee, dont la vieille ville possède un intérêt historique indéniable, a été l’objet, depuis les années 1950, d’une croissance incontrôlée. Elle se voit ainsi confrontée aux problèmes courants d’une commune suburbaine. Cependant, Sursee a réussi, durant les 10 à 15 dernières années, à donner une orientation nouvelle et pleine de qualités à son développement urbain. En prenant des décisions courageuses, elle a non seulement posé des signes forts, afin d’éviter la transformation de son centre historique en musée, mais elle a aussi réhabilité de manière remarquable la zone urbanisée, longtemps négligée, qui entoure la vieille ville.

2002: Turgi

La commune de Turgi montre comment une petite localité périurbaine dépourvue de centre historique pittoresque peut, dans les limites de ses modestes possibilités, jouer un rôle actif pour donner un avenir de qualité au site urbanisé. Grâce à un plan d’affectation bien conçu, à de nouveaux immeubles construits en adéquation avec notre époque et au soin apporté dans le traitement des bâtiments historiques, la localité est parvenue ces 15 dernières années à améliorer son cadre de vie de manière exemplaire.

2001: Uster

Grâce à un ensemble de mesures exemplaires touchant à l'aménagement du territoire et à la construction, la ville d'Uster est parvenue à se donner sa propre identité dans l'anonymat de plus en marqué qui caractérise le paysage périurbain suisse. L'espace urbanisé a été séparé nettement de la zone rurale, les autorités locales ont cherché à promouvoir activement l'architecture contemporaine, et l'ancien volume bâti a été respecté et intégré dans la vie d'aujourd'hui.

2000: Genève

La Ville de Genève a été récompensée pour le travail exemplaire accompli dans le but de revaloriser l'espace public le long du Rhône, en particulier pour le projet "Le Fil du Rhône". Des passages pour piétons, des quais et des places ont été réaménagés de manière à la fois créative et précautionneuse. Les architectes, les ingénieurs et les artistes ont uni leurs efforts pour faire de l'espace fluvial un espace à vivre.

1999: Hauptwil-Gottshaus

La commune de Hauptwil-Gottshaus a été récompensée pour sa façon exemplaire de préserver et d'entretenir son patrimoine et son paysage industriels. Grâce à des mesures appropriées, des immeubles d'habitation et des bâtiments industriels des trois derniers siècles ont pu être conservés et affectés à de nouveaux usages.

1998: Vrin

Depuis quelques années, la commune de Vrin a montré comment intégrer des bâtiments agricoles modernes dans un village de montagne traditionnel. Elle y est parvenue d'une part en faisant preuve de largeur d'esprit à l'égard de l'architecture, et d'autre part en adoptant un plan d'aménagement qui réagit prospectivement aussi bien aux structures de l'habitat traditionnel qu'aux besoins de l'agriculture moderne.

1997: Berne

La ville de Berne a encouragé à plus d'un titre la reconversion intelligence de bâtiments industriel désaffectés. Elle ainsi sauvé de la pioche des démolisseurs de précieux témoins des débuts de l'in­dustrialisation et contribué à mettre en place des solutions intéressantes pour la création d'espaces à buts cultures.

1996: Bâle

La ville de Bâle a reçu le Prix Wakker 1996 pour avoir su montrer au cours des quinze dernières années, par des exemples dignes de faire école, comment il est possible d'intégrer l'architecture contemporaine dans des ensembles historiques sans s'abaisser à imiter servilement le passé.

1995: Splügen

Le Prix Wakker a été décerné à la commune pour avoir su remarquablement coordonner les impératifs respectifs du tourisme et de la sauvegarde du site. Par une mise sous protection stricte du centre historique du village, la commune a conservé sa substance culturelle et architectonique traditionnelle, tout en permettant par ailleurs un développement économique raisonnable par la mise en vigueur d'un plan des zones rationnel.

1994: La Chaux-de-Fonds

Durant les années 80, les autorités municipales ont su, par une campagne de motivation réussie, mettre en valeur les beautés souvent cachées de cette ville construite en damier, et sensibiliser la population à cet égard. Elles sont parvenues à ce que les particuliers prennent eux aussi conscience de la valeur architectonique de leurs maisons, de sorte que les rénovations effectuées ont nettement amélioré l'atmosphère culturelle et la qualité de la vie dans cette ville.

1993: Monte Carasso

La commune de Monte Carasso entend se démarquer de l'agglomération débordante de Bellinzone, et s'efforce depuis plus de dix ans de structurer les constructions désordonnées de ces dernières décennies. Autour du centre historique - l'église avec le couvent des Augustines récemment transformé en école - se construit progressivement une ceinture intérieure de bâtiments publics et privés dans le langage architectural simple mais expressif du célèbre architecte Luigi Snozzi. La commune a récemment achevé la révision de son plan d'aménagement qui offre d'excellentes conditions pour une densification et un développement architectonique de grande qualité. C'est manifestement l'oeuvre de personnes douées d'un esprit créatif mais aussi libéral, car le règlement des constructions ne contient qu'un petit nombre de prescriptions, relativement peu contraignantes de surcroît. Elle instaure il est vrai une commission d'experts chargée d'examiner la conformité réglementaire des demandes d'autorisation de construire.

1992: St-Gall

St-Gall réalise des études urbanistiques sur de vastes zones de construction potentielles. La Ville définit ainsi ses représentations quant à sa future évolution. Ses propositions de lotissement ne revêtent aucun caractère juridique contraignant, mais aident à convaincre maîtres d'ouvrage et architectes des avantages de la qualité élevée et d'une insertion harmonieuse de leurs constructions dans l'environnement.

1991: Cham

Cham a reçu cette distinction en hommage aux mesures d'aménagement prévoyantes et systématiques qu'elle a prises pour protéger ses espaces non construits. La commune a placé sous protection de vastes paysages sis en dehors de l'agglomération, et défini, dans l'espace à bâtir, des zones obligatoirement libres, ou seulement accessibles aux constructions publiques. Un plan particulier des zones du centre assure un aménagement attrayant et agréable des espaces libres, et fait obligation aux autorités de créer un réseau bien conçu de voies piétonnes qui, par endroits, s'élargissent en forme de places.

1990: Montreux

Le Prix Wakker récompense les efforts d'entretien que Montreux a déployés pour entretenir sa structure architecturale marquée par le tourisme de la fin du XIXe siècle. A partir de 1950, de fébriles activités de construction s'étaient soldées par l'apparition de bâtiments, dont certains fort laids, qui tranchaient sur un tableau d'ensemble légèrement anarchique, certes, mais d'autant plus sympathique et attrayant. C'est lors de la restauration et de la reconstruction du marché couvert datant du siècle passé, installation qu'il avait été question de démolir au profit d'une aire de stationnement, que la tendance allait se renverser.

1989: Winterthour

C'est son respect des habitations du XIXe et du XXe siècle qui a valu le Prix Wakker à la commune de Winterthour. La commune a été gratifiée de cette distinction pour avoir prévu dans ses plans d'aménagement la possibilité de conserver ses maisons avec jardinet pour ouvriers et employés ainsi que ses quartiers de villas anciennes. Le Heimatschutz suisse considère les rangées de maisonnettes contiguës comme une forme d'habitation favorable à la vie familiale, de nos jours comme à l'avenir.

1988: Porrentruy

Le Prix Wakker est un hommage aux efforts communs et aux succès des particuliers, de l'économie et des autorités en vue de sauvegarder et d'entretenir le site urbain de Porrentruy. Outre les soins prodigués aux édifices, la Ville veille à la bonne intégration des équipements publics tels que les fontaines, les installations d'éclairage et le revêtement des chaussées, et elle soigne les détails, notamment en matière d'enseignes, de paratonnerres et de girouettes.

1987: Bischofszell

La commune inscrit chaque année à son budget un montant de 70'000 francs pour soutenir financièrement les projets de restauration privés, et investit par ailleurs jusqu'à 100'000 francs par année dans la rénovation d'édifices publics. Un règlement spécial des "constructions dans la zone de la vieille ville" contient des prescriptions très sévères concernant la conservation et l'aménagement des bâtiments, applicables à la vieille ville proprement dite, aux environs du pont sur la Thur et au "Schlössli". Deux zones de protection, l'une restreinte, l'autre plus vaste, assurent la préservation de l'aspect général du site.

1986: Diemtigen

Diemtigen est parvenu, par une planification systématique, à préserver dans une large mesure son territoire de 130 km2 des atteintes enlaidissantes. Ce n'était pas facile parce que dans une région d'habitat dispersé traditionnel comme le Diemtigtal, les propriétaires fonciers sont dispersés sur tout le territoire de la commune, et préconisent la création de petites zones à bâtir dispersées elles aussi. La commune a pallié ce danger en créant de vastes zones de paysage protégé, et en limitant - et délimitant - strictement les zones de résidences secondaires concentrées à quelques rares endroits.

1985: Laufenburg

Laufenbourg est classé "site construit d'importance nationale" et la commune a fourni d'elle-même des prestations considérables pour entretenir ce trésor par l'élaboration de plans d'aménagement, la réalisation de propres projets et l'encouragement d'initiatives privées du même ordre.

1984: Wil (SG)

Le Prix Wakker a été attribué à Wil pour avoir assuré une préservation architecturale soigneuse et intégrale de la vieille ville et sa revalorisation en tant que cadre de vie, et pour avoir aménagé judicieusement le centre-ville alentour. Les plans prévoient l'élimination progressive du trafic routier et la création d'une zone piétonne entre la vieille ville, construite entre le XVe et le XIXe siècle, et la gare. Des zones de protection de différente nature aménagées autour de la vieille ville empêchent que celle-ci ne soit dégradée par des constructions inopportunes.

1983: Muttenz

La commune a reçu le Prix Wakker en reconnaissance de ses efforts pour sauvegarder son patrimoine architectural dans un environnement fortement industrialisé. On lui sait gré d'assurer un sain mélange de réalisations traditionnelles et modernes par l'adoption d'une politique foncière appropriée et la planification adéquate du centre historique, de savoir concilier l'architecture moderne et les structures d'origine historique, et d'aménager les espaces libres et les rues du centre du village de manière favorable à la qualité de la vie.

1982: Avegno

Le Prix Wakker a été décerné à la commune d'Avegno en récompense de sa contribution exemplaire au freinage de l'émigration dans cette vallée menacée de dépopulation. C'est ainsi qu'ont été prises des mesures d'aménagement, architecturales et juridiques destinées à conserver le site traditionnel tout en permettant un développement raisonnable du village.

1981: Elm

Elm s'est vu décerner le Prix Wakker en reconnaissance des mesures prises, au plan de l'aménagement, de la conception architecturale et des règlements, pour assurer la protection du village et son développement dans le respect du patrimoine historique. 
Elm a notamment su intégrer de manière exemplaire des bâtiments communautaires modernes dans la localité et le site environnant et sa communauté villageoise poursuit inlassablement ses efforts pour conserver un environnement intact.

1980: Soleure

Ayant reçu ce prix, la Ville de Soleure se sent plus consciemment investie du devoir d'assainir la vieille ville et de poursuivre l'aménagement d'un centre-ville vivant et accueillant, de favoriser la restauration de certains bâtiments de valeur sis en dehors de la zone historique et d'agrandir les espaces verts.

1979: Ernen

En dépit des gros sacrifices financiers auxquels la population a dû consentir pour ses efforts de protection, elle a réussi à préserver et à rénover ses précieuses maisons. Priorité a été donnée aux bâtiments publics, puis la commune s'est efforcée peu à peu de maîtriser également les transformations et rénovations privées.

1978: Dardagny

Grâce à une croissance démographique exceptionnellement lente au cours des siècles, Dardagny a conservé l'image pour ainsi dire intacte d'un village du XVIIIe siècle. Rien ne vient troubler le charmant tableau de cette localité vigneronne avec ses ruelles et ses recoins intimes. La ferme villageoise se caractérise ici par les larges voûtes de ses portes cochères et la présence fréquente d'un escalier extérieur. Ce sont tout particulièrement les dimensions et les matériaux utilisés qui déterminent le type de la ferme de Dardagny.

1977: Gais

Gais joue un rôle important en tant que lieu de cure et de repos, aussi tient-on à conserver intact l'aspect de la localité et du site environnant. Le règlement des constructions, beaucoup plus sévère que la moyenne, vise à préserver le caractère propre et la beauté du site, et ne tolère la nouveauté que si elle s'intègre harmonieusement dans l'ensemble.

1976: Grüningen

La Société pour la sauvegarde du patrimoine de Grünigen surveille les transformations architecturales dans la petite ville et de ses alentours, et formule des propositions d'amélioration. Elle acquiert, rénove et revend des immeubles pour assurer la protection du site, entretient le musée local, organise des manifestations culturelles et publie des brochures. C'est à l'initiative de son comité que l'on doit le sauvetage de toute une série de bâtiments d'une grande importance historique et urbanistique.

1975: Guarda

Ce village de Basse-Engadine peut se flatter d'être un des sites les plus typiques et les mieux conservés de Suisse. Cela ne va nullement de soi pour une commune vivant essentiellement de ses maigres pâturages alpestres et d'un modeste tourisme. L'émigration des jeunes vers les villes de la plaine représente l'un des problèmes majeurs de Guarda.

1974: Wiedlisbach

Cette petite cité a conservé jusqu'à aujourd'hui son caractère, ses bâtiments anciens et son aspect traditionnel. Un "Comité du Vieux Bourg" s'efforce inlassablement - avec succès - d'éclairer la population sur la valeur du site; et il travaille aussi activement sur le terrain. Les autorités et la bourgeoisie de Wiedlisbach ont a coeur de léguer leur village à la postérité dans toute sa beauté originelle.

1973: Saint-Prex

Groupé sur sa presqu'île, le "bourg", centre historique de cette localité vaudoise, a conservé l'homogénéité de ses modestes rangées de façades, de ses toits de tuiles et de sa rue principale qui se prolonge jusqu'à la porte de la ville. Saint-Prex a su préserver son aspect caractéristique par des mesures légales appropriées.

1972: Stein am Rhein

Stein am Rhein a pris un soin exemplaire de son site urbain exceptionnel, véritablement unique. Nulle part en Suisse, et seulement à de très rares endroits d'Europe, on ne trouve une telle densité de bâtiments remarquables. Une importance toute particulière revient à la physionomie de cette cité fidèle à son plan médiéval.